
Penser la culture autrement pour réussir les transformations
Evaluer l'"écart" plutôt que la différence (Partie 1)
octobre 2025

avril 2025
Nous avons tous déjà vécu cette situation.
Vous dites quelque chose avec une bonne intention.
La personne en face se ferme, se défend, se justifie ou attaque.
Vous insistez, car vous pensez ne pas avoir été compris.
Elle s’éloigne encore davantage.
Et très vite, la conversation ne porte plus seulement sur le sujet initial. Elle devient une question de ton, de posture, de reconnaissance, de place, de confiance ou de sécurité.
La communication humaine est rarement uniquement une affaire de mots. Elle est aussi une affaire de perception, de rythme, de besoin psychologique et de canal relationnel.
C’est précisément là que le Process Communication Model®, souvent appelé PCM®, apporte une grille de lecture très utile. Le modèle est présenté comme un outil pour décoder les interactions humaines, avec six types de personnalité et de nombreuses combinaisons possibles.
Son intérêt n’est pas de mettre les personnes dans des cases.
Son intérêt est de nous aider à changer de fréquence pour être mieux entendu.

Une erreur fréquente consiste à dire :
“Je suis Analyseur.”
“Elle est Empathique.”
“Il est Promoteur.”
En PCM, c’est plus subtil.
Chaque personne possède les six types de personnalité, mais dans un ordre et avec une énergie disponible différente. On peut imaginer cela comme un immeuble intérieur : certains étages sont très accessibles, d’autres demandent plus d’effort.
Le type situé à la base de l’immeuble est appelé la Base.
C’est notre porte d’entrée préférée dans le monde. Elle influence notre manière spontanée de percevoir, de communiquer et d’entrer en relation.
La Phase, elle, renseigne davantage sur notre motivation actuelle et nos comportements sous stress. Une personne peut donc garder la même Base toute sa vie, tout en ayant des besoins psychologiques qui évoluent au fil du temps.
C’est ce qui rend PCM particulièrement intéressant en entreprise : il permet de comprendre pourquoi une personne peut rester profondément elle-même, tout en changeant de moteur de motivation à certaines périodes de sa vie.
1. Le profil Analyseur : comprendre, structurer, organiser
Le profil Analyseur perçoit d’abord le monde à travers les faits, les informations, la logique et la structure.
Il aime comprendre ce qui est attendu, dans quel ordre, avec quelles priorités et selon quelles échéances. Il est souvent organisé, responsable, fiable et attentif à la qualité du travail produit.
Pour bien communiquer avec une personne qui fonctionne depuis ce registre, il est utile d’être clair, factuel et structuré.
Au lieu de dire :
“Il faudrait qu’on avance rapidement sur ce sujet.”
Dites plutôt :
“L’objectif est de finaliser le document pour jeudi 16h. Il reste trois points à traiter : le budget, les responsabilités et le planning.”
Ce profil a besoin que le cadre soit lisible. Le flou prolongé peut devenir coûteux pour lui.
Ce qui nourrit la relation : la reconnaissance du travail accompli, la clarté des priorités, la structuration du temps.
Ce qui peut irriter : l’improvisation permanente, les consignes vagues, les réunions sans objectif, les changements de dernière minute non expliqués.
2. Le profil Persévérant : donner du sens, défendre les valeurs, s’engager
Le profil Persévérant perçoit le monde à travers les opinions, les convictions, les valeurs et le sens.
Il cherche à comprendre si une action est juste, utile, cohérente, responsable. Il aime s’engager dans ce qui a de la valeur à ses yeux. Il peut être très loyal, consciencieux, observateur et engagé.
Pour communiquer avec lui, il est important de reconnaître son implication et de lui demander son avis sincèrement.
Au lieu de dire :
“On a décidé comme ça, il faut suivre.”
Dites plutôt :
“Voici la raison de cette décision. J’aimerais aussi avoir ton point de vue : vois-tu un risque éthique, qualitatif ou organisationnel que nous devons anticiper ?”
Le Persévérant a besoin de sentir que les décisions ne sont pas seulement efficaces, mais aussi cohérentes avec des principes.
Ce qui nourrit la relation : la reconnaissance de l’engagement, l’écoute des opinions, la cohérence entre les paroles et les actes.
Ce qui peut irriter : l’injustice, l’incohérence, le manque de fiabilité, les décisions opportunistes.
3. Le profil Empathique : créer du lien, prendre soin, humaniser
Le profil Empathique perçoit d’abord le monde à travers les émotions, les relations et l’ambiance.
Il est souvent chaleureux, sensible, attentif aux personnes. Il repère vite les tensions dans un groupe et accorde beaucoup d’importance au climat relationnel. Il travaille mieux lorsqu’il se sent reconnu comme personne, et pas seulement comme fonction.
Pour communiquer avec lui, commencez par le lien.
Au lieu de dire directement :
“J’ai besoin de ton rapport pour demain.”
Dites plutôt :
“Bonjour Sophie, j’espère que tu vas bien. J’ai apprécié ton implication sur le dossier client. J’aurais besoin de ton rapport pour demain : est-ce que c’est possible pour toi ?”
La différence peut sembler minime. Elle est pourtant essentielle.
Ce qui nourrit la relation : la reconnaissance personnelle, la chaleur, l’attention, les environnements agréables, le confort sensoriel.
Ce qui peut blesser : la froideur, l’indifférence, les remarques abruptes, l’absence de considération personnelle.
4. Le profil Imagineur : réfléchir, prendre du recul, intérioriser
Le profil Imagineur perçoit le monde à travers l’introspection, la réflexion et l’imagination.
Il peut être calme, posé, capable de profondeur et de concentration. Il apprécie les espaces où il peut penser sans être interrompu. Il n’a pas forcément besoin de beaucoup parler pour être impliqué.
Pour bien communiquer avec lui, il est utile d’être direct, simple et précis, sans surcharger la relation.
Au lieu de dire :
“Tu pourrais peut-être regarder ce sujet quand tu auras un moment, enfin si ça te convient…”
Dites plutôt :
“Prends 30 minutes pour analyser ce document. Ensuite, envoie-moi trois options possibles.”
Le profil Imagineur n’a pas besoin d’une avalanche d’explications. Il a besoin d’un cadre clair, d’un temps de solitude et d’une consigne précise.
Ce qui nourrit la relation : la solitude choisie, le calme, les directives claires, le temps de réflexion.
Ce qui peut épuiser : les sollicitations permanentes, l’urgence émotionnelle, les réunions trop bavardes, l’ambiguïté des demandes.
5. Le profil Énergiseur : réagir, créer, jouer, stimuler
Le profil Énergiseur perçoit le monde à travers ses réactions : j’aime, je n’aime pas, c’est fun, c’est lourd, c’est vivant, c’est ennuyeux.
Il apporte souvent de la spontanéité, de la créativité, de l’humour et de l’énergie dans les groupes. Il aime les environnements stimulants, les interactions variées et les échanges vivants.
Pour communiquer avec lui, une approche trop lourde, trop formelle ou trop linéaire risque de le déconnecter.
Au lieu de dire :
“Nous allons procéder à une analyse détaillée des options disponibles.”
Dites plutôt :
“On a trois options. On les teste rapidement, et on voit laquelle donne le plus d’énergie.”
Avec l’Énergiseur, la relation passe souvent mieux quand elle contient de la légèreté, du rythme et du contact.
Ce qui nourrit la relation : le contact, le jeu, la variété, la créativité, l’humour non blessant.
Ce qui peut démotiver : la routine, les longs discours, le contrôle excessif, les environnements ternes.
6. Le profil Promoteur : agir, décider, saisir l’opportunité
Le profil Promoteur perçoit le monde à travers l’action, les opportunités, les résultats immédiats.
Il aime que les choses avancent. Il est souvent adaptable, persuasif, direct, capable de décider vite et de prendre des risques. Il peut être très efficace dans les environnements où il faut saisir une occasion, négocier ou débloquer une situation.
Pour communiquer avec lui, allez droit au but.
Au lieu de dire :
“Nous pourrions éventuellement envisager une piste intéressante…”
Dites plutôt :
“Voici l’opportunité. Le gain potentiel est important. Il faut décider aujourd’hui si on y va.”
Le Promoteur apprécie l’énergie, le challenge, la marge de manœuvre et la possibilité d’obtenir un résultat visible.
Ce qui nourrit la relation : l’action, l’excitation, le défi, l’autonomie, les résultats rapides.
Ce qui peut agacer : les lenteurs, les détails excessifs, les longs processus, les discussions sans décision.

Dans beaucoup d’organisations, nous passons énormément de temps à travailler le contenu : stratégie, objectifs, processus, livrables, décisions.
Mais nous passons parfois trop peu de temps à travailler la manière de le dire.
Or, une même information peut être reçue très différemment selon la porte d’entrée de la personne.
Dire à un Analyseur :
“Fais-moi confiance, on va sentir les choses.”
peut générer de l’insécurité.
Dire à un Empathique :
“Ce n’est pas personnel, c’est juste le process.”
peut être vécu comme froid.
Dire à un Promoteur :
“On va créer un groupe de réflexion qui livrera une recommandation dans trois mois.”
peut sembler interminable.
Dire à un Imagineur :
“On va brainstormer tous ensemble pendant deux heures.”
peut être épuisant.
La maturité relationnelle consiste à ne pas demander aux autres de toujours venir sur notre terrain. Elle consiste à apprendre à bouger nous-mêmes.

Pour un manager, un coach, un RH ou un leader de transformation, PCM permet de développer trois compétences essentielles.
La première est l’observation.
Qu’est-ce que la personne montre ? Comment parle-t-elle ? Quel type de mots utilise-t-elle ? Cherche-t-elle des faits, du sens, du lien, du calme, du jeu ou de l’action ?
La deuxième est l’adaptation.
Puis-je modifier ma manière de communiquer sans me trahir ? Puis-je dire la même chose avec un canal plus accessible pour l’autre ?
La troisième est la prévention du stress.
Lorsque les besoins psychologiques ne sont pas nourris, les comportements de stress deviennent plus probables. PCM aide donc à repérer les signaux faibles avant que la relation ne bascule en conflit.
C’est d’ailleurs un des objectifs classiques des formations PCM : identifier les types de personnalité, comprendre les besoins et les comportements sous stress, puis adapter sa communication pour motiver et désamorcer les tensions.
Une équipe qui utilise PCM ne devient pas magiquement fluide. Mais elle développe un langage commun.
Elle peut se dire :
“Là, nous sommes très factuels, mais avons-nous pris soin du lien ?”
“Nous débattons beaucoup des valeurs, mais quelle est la prochaine action ?”
“Nous allons trop vite pour certains, trop lentement pour d’autres.”
“Ce collègue n’est pas désengagé : il a peut-être besoin d’un temps de retrait pour penser.”
“Cette personne n’est pas superficielle : elle remet de l’énergie dans un système trop lourd.”
Ce changement de regard est puissant.
Il remplace le jugement par l’hypothèse.
Il remplace l’étiquette par la curiosité.
Il remplace le réflexe “il est difficile” par la question “de quoi a-t-il besoin pour fonctionner au mieux ?”
Ne pas enfermer, mais ouvrir des choix
Le risque de tout modèle de personnalité est de devenir une prison.
“Il est comme ça.”
“Elle ne changera jamais.”
“C’est normal, c’est son profil.”
Ce n’est pas l’esprit de PCM.
L’intérêt du modèle est au contraire d’augmenter notre liberté. Plus je me connais, plus je peux repérer mes automatismes. Plus je comprends l’autre, plus je peux ajuster ma communication. Plus l’équipe comprend ses différences, moins elle les transforme en conflits inutiles.
La personnalité n’est pas une excuse.
C’est une carte.
Et une carte ne décide pas du chemin à notre place. Elle nous aide simplement à mieux nous orienter.
Dans un monde professionnel complexe, la qualité relationnelle n’est plus un “soft skill” secondaire. Elle devient une compétence stratégique.
Car derrière chaque projet, il y a des perceptions différentes.
Derrière chaque résistance, il y a parfois un besoin non entendu.
Derrière chaque conflit, il y a souvent une mécommunication qui aurait pu être repérée plus tôt.
PCM nous invite à ralentir juste assez pour nous poser une question simple :
“Quelle est la meilleure manière de rejoindre cette personne, ici et maintenant ?”
C’est là que la communication devient un levier de transformation.
Pas une technique pour manipuler.
Mais une posture pour mieux prendre en compte chacun.
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